A Free Template From Joomlashack

A Free Template From Joomlashack

Home Culturel Patrimoine L'abbaye de la Chaise-Dieu
L'abbaye de la Chaise-Dieu PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 08 Janvier 2009 17:58

 

Au cœur d'un plateau désertique s'est installée
une puissante abbaye, au rayonnement européen.

 

Un fondateur illustre.

L'Abbaye de la Chaise-Dieu est fondée au milieu du XIéme siècle par Robert de Turlande, fils d'un noble auvergnat. Adoptant la règle bénédictine, ce monastère s'inscrit dans un mouvement spirituel où la recherche de la pauvreté et la vie érémitique sont à nouveau mises en avant.

Au milieu du XIIéme siècle, avec le succès de l'ordre, la Chaise-Dieu est l'abbaye la plus importante de l'ordre bénédictin après Cluny. En 1168, elle compte neuf abbayes, deux monastères de religieuses et peut-être trois cents prieurés. Ainsi, les monts du Livradois, région forestière à l'origine presque deserte, comprennent 40 prieurés abritant pour la majorité deux moines.

Elle est organisée en congrégation, regroupant plusieurs abbayes filiales plus ou moins autonomes, auxquelles il faut ajouter les nombreux prieurés demeurant dans une plus stricte dépendance. Le choix et la confirmation des moines responsables des monastères sont l'apanage du supérieur, l'abbé de la Chaise-Dieu ; un chapitre général annuel réunit abbés et prieurs à partir du XIVéme siècle.

 

Une puissance seigneuriale.

L'appui et les donations des "puissants" ne commencent à diminuer qu'à la fin du XIIIéme siècle. On assiste à une stabilisation ; à cette époque, ses dépendances s'étendent très loin de l'abbaye-mère, bien au-delà des limites du royaume de France, jusqu'en Castille et en Italie centrale. Mais à mesure que l'on s'éloigne du Livradois, les maisons casadéennes deviennent moins nombreuses, en raison de la concurrence des autres abbayes. Néanmoins, l'abbaye bénéficie d'une place des plus enviables parmi les "grands" d'Auvergne. Les engagements féodaux qu'elle a contractés et son grand nombre de vassaux la mettent au niveau des toutes premières dominations auvergnates, au-dessus de la plupart des châtelains, au rang du comte d'Auvergne et de l'évêque de Clermont.

 

Le déclin de la congrégation.

A partir du XIVéme siècle disparaît un grand nombre de prieurés, par union avec un prieuré voisin, à une mense ou à un office claustral. Cette disparition est liée à des raisons d'ordre économique car les moines deviennent de plus en plus sensibles au maintien de leur revenus.

De nombreuses maisons casadéennes deviennent de simples annexes de l'abbaye, lui rapportant quelques revenus par l'intermédiaire de son prieur-curé, seigneur et rentier. Dans les prieurés qui subsistent comme à Domeyrat, le prieur vit seul et les populations ne voient en lui qu'un seigneur.

La Chaise-Dieu n'est plus au XVéme siècle que "l'ombre d'elle-même" ; au début du XVIéme siècle, elle tombe en commende. Les luttes religieuses précipitent le déclin.

Au XVIIéme siècle, l'abbaye passe sous la dépendance des bénédictins de Saint-Maur et il ne reste que vingt moines à la veille de la Révolution.

 

Le système des prieurés.

La plupart des églises données sont transformées en prieurés. C'est le moyen le plus simple de les desservir et d'administrer leurs biens. Ce système permet de maintenir longtemps les deux traits caractéristiques du monachisme casadéen : la rigueur qui pouvait être observée au sein du monastère ; la solitude qui convenait bien aux prieurés.

A la tête de chacun d'eux se trouve le prieur, personnage complexe ; religieux, il doit veiller aux intérêts spirituels des habitants, leur choisir un bon vicaire, aider celui-ci dans sa tâche, distribuer les aumônes et en même temps, c'est un seigneur et un propriétaire chargé de faire payer les redevances dues à l'abbaye.

Car à la fonction érémitique s'ajoute un autre rôle, celui de subvenir aux besoins : d'une abbaye située au milieu d'un plateau ingrat. Aussi, chaque prieuré expédie le froment, le seigle, le vin, les légumes nécessaires à l'entretien de la communauté.

 

Une succession de rattachements.

En raison du succès de cette nouvelle congrégation, les fondations casadéennes concurrencent rapidement celles des autres ordres dans le Haut-Allier.

Cela débute par le rattachement de l'abbaye bénédictine de Lavaudieu qui fait entrer dans l'orbite casadéenne les prieurés de Chassignoles, Paulhaguet, Entremont et Censac. En 1073, la Chaise-Dieu reçoit de vastes territoires pastoraux en Margeride dont le défrichement est à l'origine du prieuré de Pinols et de ses annexes de Chazelles, Nozeyrolles et Védrines. Quelques années plus tard, en 1078, est fondé le prieuré de Mazérat, complété des sous-prieurés d'Aurouze, la Brequeuille et Saint-Jean d'Aubusson.

Etienne de Mercœur (1111-1146) reçoit en 1145 de Guillaume de Tournel évêque de Mende la plupart des églises du nord du Gévaudan, en particulier celles de Monistrol, Saint-Christophe et Saint-Préjet. Dans le même temps, il récupère l'abbaye de Chanteuges vers 1130 en raison de graves désordres. Vers 1156 les seigneurs de Lugeac abandonnent les domaines qu'ils possèdent sur Azérat et Saint-Hilaire, à l'origine d'un prieuré double.

 

Un certain essoufflement.

Mais la dissémination de ces nombreux domaines, souvent isolés, est source de contestations et en rend l'exploitation difficile. Il en est de même pour les possessions de l'ordre de Cluny.

Aussi une politique d'échanges et de compensations est établie entre les deux abbayes. Le Langeadois va en bénéficier car c'est à ce moment que se constituent les prieurés casadéens de Mazeyrat et de Langeac ; c'est le prieuré clunisien de Reilhac qui bénéficiera de cet échange de terres.

A la fin du XIIéme siècle, la Chaise-Dieu apparaît comme le plus grand domaine monastique du Haut-Allier mais son extension est désormais ralentie.

Les gains vont devenir plus rares alors que les luttes pour les conserver vont devenir plus ardues. Les unions de prieurés se multiplient à la fin du Moyen Age, réduisant les centres d'inf!uenœs casadéens sur le territoire.

Extrait des " Journées du Patrimoine 2001"
laissez-vous conter la présence casadéenne
SMAT - Pays d'Art et d'Histoire du Haut Allier

Mise à jour le Vendredi, 09 Janvier 2009 12:37
 
 
Joomla 1.5 Templates by Joomlashack